Hermione, allongée dans son lit, observait le plafond de la chambre, perdue dans ses pensées. Elle récapitulait dans sa tête les évènements de la journée. Le deuxième cours de Potions, catastrophique, où Gryffondor avait perdu cinquante points. A cause de Harry, ça ! S'il avait ignoré les remarques de Malefoy, au lieu de lui répondre ! Rogue n'aurait pas puni leur maison...
Mais il était trop tard, et les remords étaient inutiles. Hermione se concentra instant sur Malefoy. En réalité, elle préférait l'appeler Drago, dans sa tête. Elle trouvait ça un peu étrange. Malgré le fait qu'elle le haïssait, il gravait en elle une fascination étonnante, incompréhensible. Elle ignorait le nom d'un pareil sentiment, et elle se rassurait en se disant que c'était certainement la confusion de tous ces nouveaux évènements qui se bousculaient dans sa tête. Elle fit le vide dans ses pensées.
Tous comptes faits, elle doutait de son précédant raisonnement. Les nouveaux évènements n'avaient rien à voir avec cette fascination détestable. La jeune fille essaya de déterminer d'où elle venait. Elle décortiqua chaque partie de Drago. Elle se sentit comme éblouie par ses cheveux blond platine, illuminée par ce soleil de grande chaleur. Un soleil froid, un soleil blanc. Les mains délicates du garçon, pâles, agiles, parraissaient lui caresser la joue, et elle appréciait presque la douceur de ses doigts de craie sur sa peau. Elle coula dans l'océan de ses yeux, profond, mystérieux, tempétueux, et calme à la fois. Un regard déterminé, fixe, appuyé sur toutes choses qu'il rencontrait. Elle ne trouva aucune issue à ce regard si intense.
Elle se redressa d'un bond, haletante.
- Ca ne va pas, Hermione ? s'éveilla Lavande Brown, inquiète.
Hermione ne répondit pas. Elle avait peur de ce qu'elle venait de penser. Et ne voulait plus qu'une chose : oublier tout de suite, et pour toujours tout ce qu'elle venait de s'imaginer. Elle se leva, manqua de tomber, et courut dans les escalers jusqu'à la salle commune. Elle se planta devant la cheminée. Là, la froideur de Drago ne l'atteindrait plus. Elle approcha un fauteuil près du feu, s'y blottit et y trouva le sommeil.
Elle dormit du mieux qu'elle pu, ses rêves peuplés de soleils blancs, et de mers abyssales, au reflets envoûtants...
Neville, seul comme toujours, se réveilla tôt ce matin-là. Harry, Ron, Dean et Seamus dormaient encore. Il descendit à pas de loup jusqu'à la salle commune. Des avions de papiers volaient tous seuls, arpentant la salle de leurs chuchotis parcheminés. Neville regarda les vieux tableaux, encore endormis, bouger dans leur sommeil, parfois même ronfler. Il en sourit. Le jour perçait les lourds rideaux de velours rouges, retenus par des attaches en corde tissées dans du lin, d'une belle couleur miel. Neville adorait sa maison. Gryffondor était tellement chaleureux, que malgré sa timidité et sa peur de l'inconnu, il s'y sentait bien.
- Neville ?
Surpris, le garçon se retourna en sursautant. Il n'avait pas remarqué Hermione, recroquevillée sur un fauteuil, face aux braises encore ardentes du feu éteint. Il rougit jusqu'aux oreilles.
- Tiens, sa... Salut Hermione ! bégaya-t-il. Mais qu.. Qu'est-ce que tu fais là ?
Hermione chercha une réponse à toute vitesse.
- Euh... J'avais froid dans ma chambre. Très froid. En fait, j'étais gelée de la tête au pieds.
Ca n'était pas tout à fait faux.
Neville acquièça, et elle lui sourit.
- Tu crois que le petit déjeuner est servi ? demanda-t-il.
- Pourquoi ? rigola la jeune fille. Tu veux y aller en pyjama ?
Neville contempla sa tenue et se rendit compte qu'il n'avait pas pris la peine de se changer. Son teint vira à l'écarlate, plus encore.
- Ha... Je vais d'abord aller me changer...
Il remonta ni une, ni deux les escaliers. Hermione sourit et se leva. Elle avait encore sommeil, mais l'envie de dormir l'avait subitement quittée. Le sommeil était décidément trop dangeureux pour elle. Elle décida elle aussi de se changer, et d'aller faire un tour à la bibliothèque, en attendant le service du petit déjeuner. Elle rejoindrait Harry et Ron plus tard.
Maëlia s'était couchée tôt. Un erreur de sa part, la voilà debout trop tôt. Elle se baladait dans le château, cherchant une occupation. Elle entendit derrière elle des pas pressés. Elle se retourna, et vit une première année se faufiler dans la bibliothèque.
<< Pourquoi ne pas engager la conversation ? Histoire de passer le temps. >>
Elle fit demi-tour et entra dans la bibliothèque. Elle s'assit à côté d'Hermione.
- Bonjour, lui sourit-elle. Je suis Maëlia Soneil. Et toi, tu...
- Hermione Granger, répondit la jeune fille, sans lever le nez de son livre.
Maëlia hocha la tête.
- Tu as rencontré une de mes amies, l'autre soir. Louise. Tu sais, celle qui te demandait des renseignements sur...
- Harry. Oui, je t'ai reconnue.
Elle la regarda enfin.
- Enchantée, ajouta-t-elle.
Maëlia sourit.
- Granger est un nom qui ne me dis rien... Que font tes parents ?
Hermione rougit un peu et pinça légèrement les lèvres.
- Ce sont des moldus.
Maëlia hocha de nouveau la tête.
- Ils sont dentistes, fit Hermione.
Maëlia haussa un sourcil.
- C'est un métier qui consiste à soigner les dents. Mais que des moldus, évidemment.
Elle sourit. Maëlia le lui rendit.
- Et les tiens ?
- Ma mère travaille au Chicaneur.
- Intéressant, grinça Hermione.
Elle consulta la lourde horloge qui frappait le rythme des heures dans un bruit sourd. Il était l'heure du petit-déjeuner.
- Excuse-moi, dit-elle en fermant son livre, je dois rejoindre des amis. A plus tard.
Hermione se leva et disparu derrière les rangées de livres. Elle déposa son ouvrage et se rendit dans la Grande Salle. Maëlia resta un peu assise, puis se décida, elle aussi, à retourner en salle commune des Gryffondor pour y retrouver Louise, Ema, et Jonathan.
Hermione s'assit au milieu de la table Gryffondor, et attendit. Elle se servit un peu de jus de citrouille en observant les Poufsouffle matinaux déjà attablés, les quelques Serdaigle encore endormis sur leurs chaises. Elle ne regarda pas cependant les Serpentard, appeurée d'y voir de mauvaises surprises. Elle but son jus de citrouille, lentement, laissant son regard se perdre sur la foule d'élèves qui se précipitaient dans la Grande Salle.
- Salut Hermione ! dirent deux même voix.
Fred et George s'assirent à côté d'elle, en compagnie de Percy, qui ne lui prêta aucune attention.
- Bonjour, vous deux ! répondit-elle, joyeusement.
- Harry et Ron ne sont pas avec toi ?
- Je suis plus matinale.
Ils rièrent.
- On parle de nous ? demanda Ron, en s'asseyant en face de ses frères, Harry sur les talons. Celui-ci avait la mine fatiguée, et il ne semblait pas disposé à parler à qui que ce soit. Hermione s'inquiéta quand même.
- Ca va Harry ?
Il fit oui de la tête.
- J'ai été tiré du lit de force.
- Raconte ! s'écrièrent Fred et George.
Harry sourit.
- Neville s'est trompé de couchette, en voulant ranger son pyjama sous son oreiller...
Tout le monde éclata de rire. Même Hermione.
Mais elle cessa presque l'instant d'après.
Drago, Crabbe, et Goyle, suivis d'une tribu de Serpentard tous aussi avenants et aimables, venaient de faire leur entrée dans la Grande Salle.
Si Louise en pinçait pour Harry Potter, Helena, elle était plutôt du genre Drago Malefoy. Un beau blond orgueilleux, c'était le genre de personnes qu'elle appréciait. Classe, avec valeurs et principes tirés par les cheveux, pointilleux sur la coiffure, sur les fréquentations.
Une personne "bien", selon elle. Elle se demandait parfois ce qu'elle faisait à Serdaigle. "Intelligence, Sagesse, Travail"... Tu parles ! Helena était peut-être intelligente et raisonnable, mais elle avait horreur de travailler. Sauf pour obtenir ce qu'elle voulait.
Elle aurait tant voulu être à Serpentard... Cette maison-là lui correspondrait tellement mieux !
Elle finit son petit déjeuner, et s'empressa de suivre le beau blond de première année, hâtée de lui parler. Elle le rattrapa dans le couloir, suivant les escaliers de la Grande Salle.
Elle lui tapota l'épaule. Il se retourna dédaigneux, lança ses questions du regard. A savoir : Qu'est-ce que tu veux ?
- Ton père travaille au Ministère de la Magie, non ? dit Helena, heureuse d'avoir si vite trouvé un sujet de conversation.
Drago pris un air fier et plus prétencieux que jamais. Helena était aux anges.
- C'est exact. Tes parents aussi, je suppose ? Peut-être que je les connais.
En effet, Mr et Mrs Finn travaillaient tous deux au Ministère.
- Oui, ils travaillent au Département des Transports Magiques. Au Centre d'Essai de Transplanage.
- Intéressant, fit Drago. Nous sommes pressés, on y va, ajouta-t-il en reprenant son air dédaigneux et continuant son chemin.
- Okay, murmura Helena. A plus tard ! dit elle, haut.
Drago leva la main, sans se retourner, suivis de ses deux lourdeaux de copains.
- Ils sont vraiment énormes, ces deux-là, se dit Helena.
Quelqu'un la retourna par l'épaule. Jonathan.
- Tu parles à Malefoy ?! s'exclama-t-il.
Helena était gênée. La tension Gryffondor-Serpentard était évidemment inévitable...
- Ca ne te regarde pas, fit-elle en pinçant les lèvres.
- Ni'mporte quoi, soupira Jonathan en secouant la tête. Allez, viens. On a un cours d'Histoire de la Magie ensemble.
Vexée, Helena le suivit à contre-coeur. En plus, elle avait horreur de l'Histoire de la Magie.
Crabbe et Goyle étaient impressionnés.
- C'est fou tout le monde qui te connaît, Drago ! s'exclama Goyle.
- C'est parce que mon père est très réputé, dans le monde de la magie. C'est un homme important.
- Ca, on n'en doute pas !
Drago se retourna. Trois filles, Gryffondor, se tenaient appuyées contre le mur du couloir. L'une d'entre elle, très jolie, parraissait gênée de l'intervention de son amie, une rousse, les cheveux plutôt foncés méchés de blonds, le regard et le sourire malicieux. L'autre était plus petite, plus enfantine. Elle avait un air idiot affiché sur le visage. La rousse s'avança vers Drago.
- Tu sais, Maltroy...
- Malefoy, corrigea le blond.
- Peu importe. Le jour où "Modestie" entrera dans ton dictionaire, tu seras quelqu'un de bien.
- Et toi, le jour où te mêlera de tes affaires, tu seras quelqu'un... de moins bien que moi. Mais ce sera mieux que maintenant.
Crabbe et Goyle s'esclaffèrent.
Louise ignora la remarque.
- Je t'ai vu, tu cherches des ennuis à Harry Potter et ses amis.
Drago eu un vilain sourire.
- Tiens... Ils t'intéressent, ceux-là ?
Louise rougit intérieurement. Elle se contrôla pour ne rien parraître devant Malefoy.
- Ils sont dans ma maison. Il est normal que je veuille les défendre. Méfie-toi, Malefoy. Je connais... plutôt bien les préfets.
Elle lui fit un clin d'oeil ironique et s'en alla, ses amies sur les talons.
- Une Fan et un Anti-Malefoy de plus aujourd'hui, fit le garçon. Il va falloir que je m'habitue...
Il ria maléfiquement, comme les méchants dans les dessins-animés, et continua sa route. Ses deux amis sur les talons.
Comme tous les jours de la semaines, les première année de Gryffondor partagaient un cours ou plus aves les Serpentard. Hermione, rouge jusqu'aux oreilles, ne savait plus où se mettre. Et pour courronner le tout, Drago, Crabbe et Goyle s'assirent juste à côté d'eux, pendant le cours de Sortilège du professeur Flitwick. A seulement un espace entre deux tables d'écart entre elle et le blond, Hermione sentit des gouttes de sueur perler sous ses cheveux épais. Elle se tortilla sur sa chaise et se concentra sur le Wingardium Leviosa que tentait désespérément de leur apprendre le professeur Flitwick. Elle tremblait tellement, de honte et de rage à la fois, peut-être d'autre chose, elle ne savait pas, que sa plume refusait de décoller du bureau. Celle de Harry planait déjà à hauteur des yeux de celui-ci.
- Alors, on pert ses moyens, Granger ? se moqua Drago.
S'en fut trop pour Hermione. Elle rangea sa baguette et demanda l'autorisation à Flitwick d'aller au toilettes. Elle y courut du plus vite qu'elle pu, tamponant au passage un grand jeune homme (de troisième ou quatrième année), la peau sombre mais ensoleillée, des yeux d'une agréable couleur miel.
- Hé, t'es sûr que ça va ? lui demanda-t-il, en lui tenant l'épaule, pour qu'elle reprenne ses esprits.
Hermione, déboussolée par le choc, cligna plusieurs fois des yeux.
- Oui... Oui, ça va.
Elle le remercia et le laissa là, filant vers les toilettes.
Jonathan la regarda partir, puis se rendit là où il avait décidé d'aller.
Hermione poussa les battants des toilettes, et s'aspergea d'eau jusqu'à ce que ses larmes se mêllent aux gouttes fraîches qui lui envahissaient le visage.
- Mais que t'arrive-t-il ? demanda un fantôme, jeune fille brune avec des couettes, des lunettes rondes sur le nez.
- Oh, tu... Tu es Mimi Geignarde, c'est ça ? hoqueta Hermione.
Mimi gloussa.
- Oui. Et je suis très curieuse.
Elle fondit sur la jeune fille.
- Qu'est-ce qui t'arrive pour être aussi triste ?
Hermione sécha ses larmes.
- Je ne sais même pas, en fin de compte. Je me sens très mal à l'aise en présence d'une personne. C'est de la haine, mais il n'y a pas que ça. Il y a quelque chose de complètement différent...
Elle sanglota de nouveau. Mimi explosa d'un rire rocailleux.
- Quand je vais dire ça à qui voudra bien l'enteeendre ! s'écria-t-elle. Qui est la personne en question ?
Mimi approcha son visage de celui d'Hermione, souriante, avide d'autres informations.
Hermione était furieuse contre le fantôme. Elle pensait avoir trouvé quelqu'un à qui se confier, et qui garderait le secrêt... Elle s'était trompée.
- Je ne te le dirais pas ! J'ai pas envie que tout le monde se fasse des idées !
Mimi souriait toujours.
- Mais si ce sont des idées vraies, c'est juste toi qui a honte de ce que tu as là-dedans !
En riant, elle lui tapota le front avec son doigt transparent. Puis éclata d'un grand rire, et repartit dans sa cuvette. La chasse se tira. Puis plus rien.
Hermione s'assit contre le mur. Posa une des plumes qu'elle gardait sur elle, par terre. Sorti sa baguette.
- Wingardium Leviosa !
La plume s'envola. Hermione se leva, satisfaite et repartit en classe. Elle s'assit sans frémir à côté de Malefoy.
- Alors, cracha celui-ci, tu as bien rendu ton petit déjeuner ? C'est pas digeste, hein, l'échec.
Elle se tourna vers lui en souriant.
- Non, je n'ai pas "rendu". Je t'ai simplement imaginé nu. Ca ma redonné envie de rire.
Drago pâli, furieux.
Hermione rit, puis se rendit compte qu'elle se l'imaginait vraiment. Mais peu lui importait.
Si ça devait se passer comme ça. Le temps éclaircirait ce sentiment étrange et sans nom qui l'obsédait.
Elle avait peut-être un plan pour accélerer le processus...
Impressions ?
Vous avez probablement déjà dû deviner certaines choses,
mais sachez qu'il y avait beaucoup d'énèvements que je souhaitais voir
plus que tout au monde venir dans la saga !
J'espère qu'ils vous plairont autant qu'à moi,
et que je saurais bien les retranscrire.
Bises à vous.
Cyrille.